Dans le 13, les fissures de sécheresse ne sont pas une découverte : chaque grand épisode sec depuis trente ans a laissé sa trace dans les arrêtés publiés au Journal officiel. Ce qui change en 2026, c’est l’ampleur de l’épisode climatique. Cet article croise l’historique officiel du département, les chiffres du bilan Météo-France et l’expérience de terrain, pour aider les propriétaires à comprendre ce qui arrive à leur maison et à prendre les bonnes décisions, dans le bon ordre.
Marseille, Aix, Aubagne, Trets : un historique qui parle
Les données publiques Géorisques recensent, commune par commune, les reconnaissances de l’état de catastrophe naturelle pour les mouvements de terrain liés à la sécheresse et à la réhydratation des sols. Dans les Bouches-du-Rhône, la série est éloquente : Marseille cumule 15 reconnaissances de 1989 à 2023, Aix-en-Provence 14 sur la même période, Aubagne 13 depuis 1988, Trets 13, Martigues 11, Bouc-Bel-Air 11, Vitrolles 9, Gardanne 7. Même des communes moins exposées comme Salon-de-Provence ou Istres comptent plusieurs arrêtés récents (2016 à 2023).
Cette récurrence dit deux choses. D’abord, le phénomène est installé : les étés 2016, 2017, 2019, 2022 et 2023 ont presque tous produit des arrêtés dans le département. Ensuite, la probabilité que l’épisode 2026 donne lieu à de nouvelles reconnaissances est sérieuse, sans qu’on puisse l’affirmer commune par commune avant l’instruction des demandes : c’est la commission interministérielle qui tranchera, le plus souvent dans le courant de 2027.
Été 2026 : des records nationaux qui n’ont pas épargné la Provence
Le bilan climatique publié par Météo-France le 3 septembre 2026 établit que l’été 2026 est le plus chaud mesuré depuis 1900 en France, avec 3,6 °C au-dessus de la normale, 53 jours de vague de chaleur en trois épisodes et une canicule précoce du 17 au 30 juin. Le déficit de pluie avoisine 40 %, ce qui en fait le deuxième été le moins pluvieux jamais enregistré, et la sécheresse des sols a atteint, en moyenne nationale, un niveau sans précédent : dès début juillet, la situation des sols était inédite pour la saison, et début août elle dépassait le minimum historique de 2022.
Pour les sols argileux provençaux, déjà sollicités par les sécheresses de 2022 et 2023, cet été a prolongé un cycle de dessiccation profonde. Les pluies de fin août puis d’automne amorcent maintenant la phase inverse de réhydratation, celle où beaucoup de fissures bougent encore.
Ce qui se passe sous la maison
Le retrait-gonflement des argiles (RGA) fonctionne comme une éponge minérale : l’argile perd son eau et se contracte pendant la sécheresse, puis regonfle quand l’eau revient. Quand l’assise d’une maison se déforme de façon inégale, la structure encaisse des efforts pour lesquels elle n’a pas été conçue. Les points faibles lâchent en premier : angles d’ouvertures, liaisons entre un garage et le corps de maison, pignons exposés au sud, extensions récentes fondées moins profondément que l’existant.
Selon les données publiques du ministère de la Transition écologique, environ 12 millions de maisons individuelles sont exposées à ce phénomène en France. Les plus vulnérables se ressemblent : pavillons sur fondations superficielles construits avant la généralisation des études de sol, maisons sur terrain en pente, biens entourés d’arbres de haut jet qui assèchent le sol à leur pied.
Reconnaître la signature d’un mouvement de sol
Aucun signe isolé ne suffit, mais un faisceau oriente fortement vers le sol : fissures en escalier qui suivent les joints de maçonnerie, fissures diagonales partant des angles de fenêtres ou de portes, réouverture de fissures anciennement rebouchées, portes et fenêtres qui se coincent puis se libèrent selon les saisons, désolidarisation d’une terrasse ou d’un perron, carrelage qui se soulève en ligne. À l’inverse, un faïençage superficiel et uniforme de l’enduit relève le plus souvent de l’enduit lui-même, pas du sol.
La chronologie est un indice de poids : des désordres apparus ou aggravés entre juin et octobre 2026, dans une commune à l’historique chargé, méritent d’être documentés sans délai, photos datées et témoins à l’appui.
Propriétaire dans le 13 : la feuille de route de l’automne
Un, signalez vos désordres en mairie par écrit en demandant que la commune dépose une demande de reconnaissance pour la sécheresse 2026 : c’est elle, et non le particulier, qui saisit la préfecture. Deux, constituez vos preuves : photos datées avec repère d’échelle, relevés réguliers, témoins sur les fissures principales. Trois, préparez la suite : après publication d’un arrêté au Journal officiel, vous aurez 30 jours au plus pour déclarer le sinistre à votre assureur ; la franchise légale est de 1 520 euros pour les dommages de sécheresse et l’assureur doit verser une provision sous 2 mois et l’indemnisation sous 3 mois. Quatre, ne réparez rien de définitif avant que la cause soit établie : un rebouchage précoce efface les preuves et sera à refaire.
Ce qu’apporte une expertise indépendante
Entre un enduit fatigué et un mouvement de fondation, l’enjeu financier n’a rien à voir, et la frontière n’est pas toujours visible à l’oeil nu. Notre mission consiste à qualifier l’origine des désordres : relevé complet des fissures, lecture du bâti et de son environnement, confrontation avec l’exposition du sol de la parcelle et l’historique communal, conclusions écrites et argumentées. Le rapport sert ensuite de socle au dossier d’indemnisation et à la discussion avec l’expert de l’assurance. Le déroulement est détaillé sur notre page expertise fissures dans les Bouches-du-Rhône, et nos prix sont publiés sur la page nos tarifs. Pour toute question, passez par notre page contact.




