Une fuite de machine à laver, une canalisation percée dans la cloison, un voisin du dessus distrait : le dégât des eaux est le sinistre domestique le plus fréquent. La procédure d’assurance est rodée, mais elle a un angle mort, le temps : l’eau s’évacue des matériaux beaucoup plus lentement que les dossiers ne se ferment. Comprendre cette chronologie, c’est éviter les deux pièges classiques : repeindre trop tôt, et clore le dossier trop vite.
Première urgence : arrêter l’eau, protéger, déclarer
Les premiers gestes sont connus mais l’ordre compte : couper l’arrivée d’eau ou faire cesser la fuite (chez le voisin, prévenir et faire intervenir), couper l’électricité des zones touchées si nécessaire, protéger et évacuer ce qui peut l’être, puis photographier TOUT avant de nettoyer : l’étendue, les biens touchés, la source. La déclaration à votre assureur se fait dans les délais du contrat (couramment cinq jours ouvrés pour un dégât des eaux) ; en immeuble, le constat amiable dégât des eaux rempli avec le voisin ou le syndic fluidifie la suite, les assureurs se coordonnant entre eux selon leurs conventions (dont la convention IRSI pour la gestion et la recherche de fuite en immeuble).
Le séchage : l’étape que tout le monde sous-estime
Un mur ou une chape qui a bu l’eau d’une fuite met des SEMAINES à sécher, parfois des mois pour les maçonneries épaisses, les doublages et les isolants. Un air sec en surface ne dit rien du coeur du matériau. Les recommandations officielles sont claires : assécher rapidement (ventilation, chauffage modéré, déshumidificateur en appui), retirer ce qui ne séchera pas (moquettes gorgées, plaques de plâtre delitées, isolants saturés), et surveiller l’apparition de moisissures, qui prolifèrent sur les matériaux restés humides. Refermer ou repeindre un support encore humide, c’est enfermer l’eau : cloquage garanti, moisissures possibles derrière les revêtements, odeur persistante. La règle d’or : finitions en dernier, après contrôle du séchage, idéalement par mesures dans la masse.
L’assurance couvre les dégâts, pas toujours leurs suites
L’assurance dégât des eaux indemnise les dommages causés par l’eau : revêtements, embellissements, mobilier selon contrat. Trois points de vigilance. La recherche de fuite d’abord : sa prise en charge dépend du contrat et des conventions entre assureurs, demandez comment elle s’organise avant d’engager des frais. Le séchage ensuite : l’indemnisation est parfois calée sur une remise en état rapide, alors que le support exige des semaines de séchage ; n’acceptez pas un calendrier de travaux incompatible avec l’état réel des murs. La clôture enfin : un dossier fermé sur des dégâts sous-évalués (humidité résiduelle, moisissures apparues après le passage de l’expert d’assurance) peut être rouvert ou contesté, mais c’est plus difficile : d’où l’intérêt de ne pas signer une quittance définitive tant que le séchage n’est pas acquis.
Quand l’humidité persiste : chercher ce que le sinistre a révélé
Si l’humidité continue des mois après un dégât des eaux « réglé », trois explications dominent : le séchage n’est pas terminé (le plus fréquent), la fuite n’était pas la seule, ou le sinistre a révélé une pathologie préexistante (remontées capillaires, infiltration de façade) que l’on attribue à tort à l’épisode. Les départager demande des mesures : humidité dans la masse à plusieurs points, comparaison entre zones sinistrées et zones témoins, examen du bâti. C’est le rôle d’une expertise indépendante, distincte de l’expert mandaté par la compagnie : elle documente l’état réel, appuie une réouverture de dossier ou un recours, et évite de refaire des finitions vouées à cloquer. Le détail de la mission est sur notre page expertise humidité dans les Bouches-du-Rhône, et nos prix sont publiés sur la page nos tarifs.
Le cas particulier des fortes pluies et inondations
Après un épisode méditerranéen, l’eau entrée par le sol ou les ouvertures relève d’un autre régime : si l’état de catastrophe naturelle est reconnu pour votre commune (la fiche Géorisques de la commune liste les arrêtés), la déclaration se fait dans les 30 jours suivant la publication de l’arrêté, avec la franchise légale applicable. Les règles de séchage restent identiques, l’ampleur en plus : murs gorgés sur toute leur base, doublages à déposer, délais longs. Même conseil : documenter, sécher, mesurer avant de refermer. Pour toute question, notre page contact et le 0 805 69 09 69 sont à votre disposition.




